Thérapéo
← Retour à l'accueil
Recherche

Une seule santé : l'Inserm unit humains, animaux, environnement

L'approche One Health structure désormais la recherche biomédicale française face aux défis sanitaires mondiaux.

Source : Inserm· 28 juillet 2026· 4 min de lectureRédigé par IA · superviséRecommandation officielle

Antibiorésistance, épidémies, pollutions : l'Inserm ne peut plus penser la santé humaine de façon isolée. Depuis 2024, l'Institut pilote avec le CNRS et Inrae une approche transversale baptisée « Une seule santé ».

Une seule santé : l'Inserm unit humains, animaux, environnement
Photo : Inserm

Contexte et enjeux

L'approche « Une seule santé » (One Health) part d'un constat : la santé des humains, des animaux et des écosystèmes sont indissociables. Depuis 2024, l'Inserm coordonne, via l'Agence de programmes de recherche en santé, les communautés biomédicales françaises. En parallèle, le CNRS pilote la recherche climat-biodiversité, et Inrae l'agriculture durable. « Quand ces agences se sont réunies, l'approche One Health s'est imposée comme le lien naturel entre elles », explique Éric Cardinale, directeur scientifique à l'Anses.

Un groupe de travail interagences, créé en 2025, a identifié quatre thématiques principales : lutte contre la résistance antimicrobienne, prévention des maladies émergentes, résilience alimentaire, et pollutions environnementales. Ces axes mobilisent médecins, vétérinaires, écologues et épidémiologistes autour d'un objectif commun : comprendre pour mieux agir.

Pourquoi l'antibiorésistance est-elle une priorité One Health ?

La résistance antimicrobienne — la capacité de bactéries pathogènes à résister aux antibiotiques — demeure l'un des plus grands défis de santé publique mondiale. Depuis 2020, l'Inserm pilote un programme prioritaire doté de 40 millions d'euros sur 10 ans. Évelyne Jouvin-Marche, directrice scientifique du programme, plaide pour que les antibiotiques soient reconnus comme un bien public mondial.

« En santé humaine, certains en font un usage abusif tandis que d'autres y ont un accès insuffisant. Côté santé animale, certains pays interdisent leur utilisation comme hormones de croissance, d'autres n'ont aucune réglementation. L'impact sur les écosystèmes est sous-estimé », détaille-t-elle. Jean-Yves Madec, directeur scientifique antibiorésistance à l'Anses, insiste : « Penser One Health, c'est mettre tout le monde autour de la table — médecins, vétérinaires, éleveurs — pour cerner tous les enjeux. »

Cette approche transversale permet de mutualiser données, capacités analytiques et ressources humaines pour surveiller la circulation des gènes de résistance entre humains, animaux d'élevage, faune sauvage et environnement (sols, eaux).

Ce que ça change pour les patients et la recherche

  • Surveillance renforcée des maladies zoonotiques : l'ANRS Maladies infectieuses émergentes (agence Inserm) pilote depuis 2023 le PEPR (Programme et équipement prioritaire de recherche) dédié, avec 34 projets financés. Objectif : détecter, comprendre et contrôler les agents pathogènes transmis par les animaux (chikungunya, Ebola, mpox, fièvre de Crimée-Congo).
  • Modélisation de la transmission : Raphaëlle Métras, chargée de recherche Inserm, quantifie la transmission de pathogènes du milieu animal ou environnemental vers l'humain. Elle a modélisé l'effet de la vaccination des bovins contre la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (mortelle dans 5 à 30 % des cas humains), pour réduire l'exposition humaine via les tiques.
  • Coordination interinstitutionnelle inédite : le groupe de travail One Health réunit Inserm, CNRS, Inrae et Anses, garantissant une vision 360° sur chaque enjeu sanitaire, de l'antibiorésistance en élevage aux pollutions pharmaceutiques dans les milieux aquatiques.
  • Accès équitable aux traitements : la reconnaissance des antibiotiques comme bien commun vise à réduire les inégalités d'accès Nord-Sud et à encadrer leur usage vétérinaire à l'échelle mondiale.

Points de vigilance et limites

Si l'approche One Health structure désormais la stratégie de recherche, sa mise en œuvre reste complexe. Elle exige des compétences pluridisciplinaires (épidémiologie, écologie, sciences vétérinaires, sciences sociales) et des infrastructures de surveillance coûteuses. La coordination internationale est encore hétérogène : certains pays n'ont aucune réglementation sur l'usage vétérinaire des antibiotiques.

Par ailleurs, les modèles de transmission restent probabilistes : prédire l'émergence d'une épidémie demeure incertain. Enfin, cette vision holistique ne doit pas diluer les responsabilités sectorielles : chaque acteur (santé, agriculture, environnement) conserve ses missions propres.

À retenir : l'approche « Une seule santé » n'est plus un concept théorique en France. Portée par l'Inserm et ses partenaires, elle irrigue les programmes de recherche prioritaires (antibiorésistance, maladies émergentes) et impose une gouvernance transversale. Pour les patients, cela se traduit par une meilleure surveillance des zoonoses, une lutte coordonnée contre l'antibiorésistance et, à terme, une réduction des risques épidémiques liés aux interactions humains-animaux-environnement.

Sources utilisées

Article reformulé par la rédaction Acturiaz d'après Inserm (publié le 7 juillet 2026).

⚠️ Cet article est rédigé à titre informatif. Il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

Partager

Commentaires (0)

Connectez-vous pour rejoindre la discussion.

Chargement…

À lire aussi