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Maladies chroniques

Sclérose en plaques : l'arsenal thérapeutique français

Une quinzaine de traitements de fond disponibles pour freiner l'évolution de la maladie

Source : Acturiaz (recherche éditoriale)· 28 octobre 2026· 6 min de lectureRédigé par IA · superviséRecommandation officielle

Environ 110 000 Français vivent avec une sclérose en plaques, première cause de handicap sévère non traumatique chez les jeunes adultes. Les traitements de fond actuels visent à moduler ou supprimer l'inflammation auto-immune qui détruit la myéline. Si aucun ne guérit la maladie, ils transforment progressivement le pronostic des formes récurrentes.

Sclérose en plaques : l'arsenal thérapeutique français
Photo : Acturiaz (recherche éditoriale)

Contexte et enjeux

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune inflammatoire du système nerveux central. Le système immunitaire s'attaque par erreur à la gaine de myéline qui entoure les fibres nerveuses du cerveau et de la moelle épinière. Cette destruction progressive entraîne des troubles neurologiques variables : troubles de la marche, de la vision, de l'équilibre, faiblesse musculaire, fatigue intense.

En France, 4 000 à 6 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, selon l'Inserm. La maladie touche trois femmes pour un homme et débute généralement entre 25 et 35 ans. Environ 85 % des patients présentent initialement une forme dite « récurrente-rémittente » (SEP-RR), évoluant par poussées suivies de rémissions. Les 15 % restants ont une forme progressive d'emblée, plus difficile à traiter.

L'Observatoire français de la sclérose en plaques, qui regroupe près de 75 000 dossiers de patients, permet aux chercheurs d'identifier des marqueurs prédictifs de réponse aux traitements et d'optimiser la prise en charge personnalisée.

Quels sont les traitements de fond disponibles en France ?

Les traitements de fond de la SEP visent à réduire la fréquence des poussées, ralentir l'accumulation du handicap et limiter l'apparition de nouvelles lésions cérébrales visibles à l'IRM. Tous ciblent le système immunitaire, soit en le modulant (immunomodulateurs), soit en le réprimant (immunosuppresseurs). Aucun ne cible directement le système nerveux central pour favoriser la réparation de la myéline, bien que cette piste soit activement explorée par la recherche.

Les traitements dits « de plateforme » ou de première intention comprennent :

  • Les interférons bêta (Avonex, Rebif, Betaferon, Extavia, Plegridy) : administrés par injection sous-cutanée ou intramusculaire, ils ont été les premiers traitements de fond disponibles.
  • L'acétate de glatiramère (Copaxone) : injection sous-cutanée quotidienne, immunomodulateur bien toléré, y compris pendant la grossesse.
  • Le tériflunomide (Aubagio) : comprimé oral quotidien, immunosuppresseur nécessitant une contraception stricte (risque de malformations).
  • Le diméthyl fumarate (Tecfidera) et le diroximel fumarate (Vumerity) : comprimés oraux, réduisant d'environ 50 % la fréquence des poussées.

Les traitements de « haute efficacité » sont prescrits en cas de forme agressive d'emblée ou d'échec des traitements de première ligne :

  • Le natalizumab (Tysabri) : perfusion intraveineuse mensuelle ou injection sous-cutanée, anticorps monoclonal qui empêche les lymphocytes de pénétrer dans le système nerveux central.
  • Le fingolimod (Gilenya) et le ponésimod (Ponvory) : immunosuppresseurs oraux, modulateurs des récepteurs S1P, nécessitant une surveillance cardiologique.
  • L'ocrélizumab (Ocrevus) et l'ofatumumab : anticorps anti-CD20 détruisant les lymphocytes B, administrés par perfusion ou injection sous-cutanée. L'ocrélizumab est le seul traitement reconnu pour certaines formes progressives avec poussées surajoutées.
  • La cladribine (Mavenclad) : traitement oral administré en deux cycles (deux semaines la première année, deux semaines la deuxième année).

En troisième ligne, réservée aux formes réfractaires :

  • La mitoxantrone (Elsep) : perfusions mensuelles, usage très encadré en raison de risques cardiaques et de leucémies.
  • L'alemtuzumab (Lemtrada) : anticorps anti-CD52, prescription restreinte depuis 2019 par l'ANSM en raison d'effets indésirables graves (AVC, hépatites auto-immunes).

La greffe de cellules souches hématopoïétiques autologues reste une option exceptionnelle, réservée aux patients réfractaires.

Ce que ça change pour les patients

L'élargissement de l'arsenal thérapeutique permet aujourd'hui une personnalisation du traitement en fonction du profil du patient, de la forme de sa maladie et de ses priorités de vie. Voici ce qu'il faut retenir :

  • Prescription exclusive par un neurologue : seul un médecin spécialiste en neurologie peut prescrire et renouveler un traitement de fond. Le médecin traitant assure la coordination avec d'autres spécialistes (ophtalmologue, kinésithérapeute, urologue).
  • Surveillance régulière obligatoire : bilans sanguins, IRM cérébrales et médullaires, surveillance cardiologique pour certaines molécules. Les traitements nécessitent un suivi rapproché pour détecter précocement d'éventuels effets indésirables.
  • Contraception impérative pour certains médicaments : tériflunomide, fingolimod, cladribine sont tératogènes (risque de malformations). Les femmes en âge de procréer doivent utiliser une contraception efficace. L'acétate de glatiramère reste une option compatible avec la grossesse.
  • Accès aux traitements remboursés : l'Assurance maladie prend en charge l'intégralité des traitements de fond reconnus en France pour les formes rémittentes-récurrentes, dans le cadre de l'affection de longue durée (ALD).
  • Pas de traitement curatif à ce jour : les traitements de fond réduisent la fréquence des poussées de 30 à 70 % selon les molécules, mais ne guérissent pas la maladie. Ils visent à ralentir l'évolution vers le handicap irréversible.

Points de vigilance et nuances

Si les progrès thérapeutiques sont réels, plusieurs limites demeurent. Les traitements de fond n'agissent que sur la composante inflammatoire de la maladie, pas sur la neurodégénérescence progressive. Pour les formes progressives primaires ou secondaires sans poussée, l'arsenal thérapeutique reste limité. L'ocrélizumab n'est remboursé en France que pour les formes secondairement progressives avec poussées surajoutées. Le rituximab (proche de l'ocrélizumab) est parfois utilisé hors autorisation de mise sur le marché.

Les effets indésirables peuvent être significatifs : infections opportunistes, troubles hépatiques, réactions auto-immunes, troubles cardiaques. Le choix d'un traitement résulte toujours d'une balance bénéfice-risque individuelle, discutée entre le neurologue et le patient. Changer de traitement (« switch ») est fréquent en cas d'échappement thérapeutique (nouvelle poussée sous traitement, aggravation à l'IRM) ou d'intolérance.

La recherche explore aujourd'hui trois axes complémentaires : optimiser les stratégies anti-inflammatoires, favoriser la remyélinisation (réparation de la myéline) et assurer une neuroprotection. Des inhibiteurs de tyrosine kinase de Bruton, capables de franchir la barrière hématoencéphalique pour agir directement dans le cerveau, sont en cours d'essais cliniques prometteurs. Le tolebrutinib, qui vient de recevoir une autorisation de mise sur le marché européenne, représente un espoir pour les formes progressives.

Conclusion : En France, les patients atteints de sclérose en plaques récurrente-rémittente bénéficient d'une palette thérapeutique élargie. Près de quinze traitements de fond reconnus permettent de ralentir l'évolution de la maladie et de réduire les poussées. Malgré l'absence de traitement curatif, l'espérance et la qualité de vie des patients s'améliorent. Les recherches actuelles visent à favoriser la réparation de la myéline, ouvrant la voie à des approches plus globales. Toute décision thérapeutique doit être prise en lien étroit avec un neurologue spécialiste.

Sources utilisées

⚠️ Cet article à visée informative ne remplace en aucun cas une consultation médicale. Seul un neurologue peut prescrire, ajuster ou arrêter un traitement de fond pour la sclérose en plaques. Chaque patient présente une forme unique de la maladie nécessitant une prise en charge personnalisée. En cas de symptômes évocateurs ou de questions sur votre traitement, consultez rapidement votre médecin traitant ou neurologue référent.

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