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Santé publique

Maladies cardiovasculaires : 3 stratégies pour inverser la courbe

Alors que la mortalité cardiovasculaire repart à la hausse chez les femmes, trois chercheurs de l'Inserm proposent leurs pistes d'action.

Source : Inserm· 2 juin 2026· 5 min de lectureRédigé par IA · superviséPlusieurs études le montrent

Les maladies cardiovasculaires ne reculent plus. Pire : elles progressent chez les femmes. Trois experts de l'Inserm identifiant les leviers à activer d'urgence.

Maladies cardiovasculaires : 3 stratégies pour inverser la courbe
Photo : Inserm

Contexte et enjeux

Les maladies cardiovasculaires — accidents vasculaires cérébraux (AVC), infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque — constituent la deuxième cause de mortalité en France. Après un recul spectaculaire au cours du 20e siècle (passant d'environ 320 décès pour 100 000 habitants vers 1955 à une soixantaine en 2022), la tendance s'est inversée. La mortalité cardiovasculaire stagne désormais et augmente même chez les femmes, qui sont aujourd'hui plus touchées que les hommes par ces pathologies.

Paradoxe : les principaux facteurs de risque sont parfaitement identifiés depuis des décennies. Hypertension artérielle, obésité, sédentarité, stress chronique, hypercholestérolémie… Alors, pourquoi cette recrudescence ? Et surtout, quelles stratégies peuvent réellement faire reculer ces maladies ?

Dans le magazine de l'Inserm n°68, trois chercheurs spécialistes du sujet livrent leur analyse et leurs priorités d'action. Leurs réponses convergent sur un point : il faut repenser radicalement nos approches de prévention.

Quelle est l'intervention la plus efficace contre les maladies cardiovasculaires ?

Pour Ludovic Gomez, chercheur Inserm au laboratoire Carmen à Lyon, une seule intervention fait la différence à tous les coups : l'activité physique quotidienne. « Si elle était pratiquée par toutes et tous, tous les jours, cela ferait vraiment la différence », affirme-t-il. Il ne s'agit pas de marathon, mais de marcher entre 30 minutes et une heure chaque jour — tous déplacements et efforts quotidiens confondus.

Les travaux de son équipe sur des modèles animaux montrent que les individus physiquement actifs sont protégés de l'infarctus du myocarde. À l'inverse, ceux qui deviennent sédentaires, notamment en raison d'une surcharge pondérale, deviennent rapidement vulnérables. L'activité physique atténuerait même l'impact négatif d'autres facteurs de risque comme une alimentation déséquilibrée ou le tabagisme.

Avantage décisif : cette intervention est accessible à tous, variée, souvent gratuite et praticable en groupe. « Modifier son alimentation est contraignant dans la durée et souvent synonyme de perte de plaisir », souligne le chercheur. Les collectivités ont un rôle clé à jouer en développant espaces verts et aménagements urbains favorables à la marche et au vélo.

Jean-Philippe Empana, directeur de recherche Inserm au Centre de recherche cardiovasculaire de Paris, mise quant à lui sur la prévention primordiale, c'est-à-dire agir avant même l'apparition des facteurs de risque. « Même si les gens savent ce qui est bien pour eux, ils ne le font pas pour autant », observe-t-il. Ses enquêtes révèlent qu'à cinq ans, seulement un tiers des enfants en France a une santé cardiovasculaire optimale. À l'âge adulte, les hommes s'en écartent deux à trois fois plus souvent que les femmes.

Son équipe prévoit de tester des interventions chez les 12-17 ans (avec coachs et jeux pédagogiques) et chez les 18-25 ans (avec outils numériques personnalisés jouant sur l'estime de soi). L'objectif : créer des comportements durables dès l'enfance, avec des « piqûres de rappel » régulières.

Martine Gilard, cardiologue et administratrice de la fondation Cœur et recherche, pointe un troisième levier : relancer la recherche, notamment sur les femmes. « Le nombre d'infarctus du myocarde a tendance à augmenter chez ces dernières sans que l'on sache pourquoi », explique-t-elle. Pire : l'infarctus est souvent pris en charge tardivement chez les femmes, car soignants et patientes ne le reconnaissent pas comme une pathologie féminine.

Ce que ça change pour les patients

  • Pour les femmes après la ménopause : elles deviennent plus vulnérables que les hommes aux maladies cardiovasculaires. Rester très active physiquement devient une priorité absolue. Le dépistage doit être systématisé, au même titre que chez les hommes.
  • Pour les femmes enceintes ou ayant eu des complications : diabète gestationnel, prééclampsie ou fausses-couches multiplient par deux ou trois le risque cardiovasculaire futur. Ces antécédents doivent être systématiquement recherchés et surveillés par tous les professionnels de santé, pas seulement les gynécologues.
  • Pour les enfants et adolescents : la prévention doit commencer dès l'école maternelle et se poursuivre à l'adolescence. Les interventions doivent être ludiques, répétées et impliquer l'ensemble de l'environnement (famille, école, collectivités).
  • Pour tous les adultes : privilégier l'activité physique quotidienne (marche, vélo, escaliers) plutôt que de se focaliser uniquement sur l'alimentation ou l'arrêt du tabac. Ces efforts restent importants, mais l'activité physique en atténue les effets négatifs.

Points de vigilance

Les messages de prévention classiques ont leurs limites : savoir ce qui est bon ne suffit pas à changer les comportements. Les approches doivent être personnalisées, répétées dans le temps et inscrites dans un environnement favorable (urbanisme, politiques publiques).

Concernant les femmes, la méconnaissance des symptômes de l'infarctus et des facteurs de risque spécifiques reste un obstacle majeur. Les soignants doivent être mieux formés à reconnaître les signes atypiques (fatigue intense, douleurs dans le dos, nausées) et à interroger systématiquement les antécédents obstétricaux.

Enfin, la stagnation de la recherche cardiovasculaire freine l'innovation. Inflammation, stress, spécificités féminines : de nombreux mécanismes restent à élucider pour développer de nouvelles stratégies thérapeutiques et préventives.

Ce qu'il faut retenir : face à la recrudescence des maladies cardiovasculaires, trois leviers complémentaires émergent : généraliser l'activité physique quotidienne, repenser la prévention dès l'enfance et relancer la recherche, notamment sur les femmes. Ces pathologies ne sont plus une fatalité, à condition d'agir tôt et collectivement.

Sources utilisées

Article reformulé par la rédaction Acturiaz d'après Inserm (publié le 1 juin 2026).

⚠️ Cet article est rédigé à titre informatif. Il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. En cas de symptômes cardiovasculaires (douleur thoracique, essoufflement inhabituel, malaise), contactez immédiatement le 15.

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