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Santé publique

Hydratation et maladies chroniques : les bons réflexes en été

Personnes diabétiques, insuffisantes rénales ou cardiaques : adapter son hydratation estivale

Source : Acturiaz (recherche éditoriale)· 27 août 2026· 6 min de lectureRédigé par IA · superviséRecommandation officielle

Diabète, insuffisance rénale, maladies cardiovasculaires : en été, ces pathologies chroniques multiplient le risque de déshydratation. Certains médicaments courants aggravent ce danger. Santé publique France et l'ANSM appellent à une vigilance renforcée.

Hydratation et maladies chroniques : les bons réflexes en été
Photo : Acturiaz (recherche éditoriale)

Contexte et enjeux

Chaque été, les vagues de chaleur mettent à l'épreuve l'organisme, en particulier celui des personnes vivant avec une maladie chronique. Diabète, insuffisance rénale chronique, hypertension artérielle, insuffisance cardiaque : ces pathologies fragilisent les mécanismes naturels de régulation thermique du corps.

Selon Santé publique France, les populations vulnérables incluent les personnes âgées de plus de 65 ans, mais aussi toute personne souffrant de maladies chroniques cardiovasculaires, respiratoires, rénales, de diabète ou de problèmes de santé mentale. Avec le vieillissement de la population et l'augmentation du nombre de personnes diabétiques ou hypertendues, le nombre de patients exposés à la déshydratation estivale ne cesse de croître.

L'Inserm rappelle que près de 3 millions de personnes en France souffrent d'une maladie rénale chronique, dont environ 90 000 au stade le plus sévère nécessitant dialyse ou transplantation. Le diabète et l'hypertension artérielle représentent aujourd'hui les deux principales causes d'insuffisance rénale chronique.

Pourquoi les malades chroniques sont-ils plus à risque ?

Plusieurs mécanismes expliquent cette vulnérabilité accrue. Tout d'abord, certaines maladies chroniques altèrent directement la capacité du corps à réguler sa température et à maintenir un bon équilibre hydrique. Par exemple, le diabète peut perturber la fonction rénale, réduisant ainsi la capacité de l'organisme à concentrer les urines et à retenir l'eau.

Ensuite, de nombreux traitements médicamenteux prescrits dans les maladies chroniques interfèrent avec les mécanismes d'adaptation à la chaleur. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a publié une liste actualisée de médicaments susceptibles d'aggraver un syndrome d'épuisement-déshydratation ou un coup de chaleur.

Parmi ces médicaments figurent :

  • Les diurétiques, largement prescrits contre l'hypertension et l'insuffisance cardiaque, qui augmentent la production d'urine et favorisent la perte d'eau et de sels minéraux.
  • Certains antidiabétiques oraux comme les glifozines, qui peuvent accentuer la déshydratation.
  • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et l'aspirine, qui perturbent le fonctionnement des reins en période de chaleur.
  • Les neuroleptiques, certains antidépresseurs et antiparkinsoniens, qui altèrent la thermorégulation corporelle.
  • Les laxatifs, surtout en cas d'utilisation prolongée.

L'ANSM insiste : ne jamais arrêter un traitement de sa propre initiative, mais consulter son médecin ou pharmacien pour adapter si nécessaire la posologie pendant les périodes de forte chaleur.

Quels sont les signes d'alerte de la déshydratation ?

Contrairement aux idées reçues, la soif n'est pas toujours un signal fiable, notamment chez les personnes âgées dont le mécanisme de détection de la soif s'affaiblit avec l'âge. Il est donc crucial de reconnaître les autres signes.

Signes physiques : sécheresse de la bouche et de la peau, lèvres sèches, urines foncées ou diminution de la fréquence urinaire (moins d'un litre par jour), pli cutané persistant (la peau ne reprend pas rapidement sa forme après pincement), perte de poids rapide, baisse de la tension artérielle.

Signes neurocomportementaux : fatigue inhabituelle, faiblesse générale, somnolence, confusion, désorientation, maux de tête, vertiges surtout au lever, troubles de l'équilibre, voire chutes inexpliquées.

En cas de signes graves — troubles de la conscience importants, refus ou impossibilité de boire, fièvre élevée, vomissements répétés, absence d'urine depuis plusieurs heures, accélération marquée du rythme cardiaque — il faut appeler immédiatement le 15 (Samu) ou le 112. Ces symptômes peuvent signaler un coup de chaleur, urgence médicale extrême pouvant être fatale en l'absence de prise en charge rapide.

Ce que ça change pour les patients chroniques

Concrètement, les recommandations officielles impliquent plusieurs adaptations du quotidien en période de chaleur :

  • Boire régulièrement sans attendre la soif : au minimum 1,5 à 2 litres d'eau par jour, davantage en cas de fortes chaleurs. Santé publique France recommande d'augmenter de 0,5 litre supplémentaire par jour si la température corporelle passe de 37 à 38°C.
  • Varier les sources d'hydratation : eau du robinet, eau en bouteille, tisanes tièdes, soupes froides, fruits et légumes riches en eau (melon, pastèque, concombre, tomate). Ces aliments participent à la couverture hydrique totale.
  • Éviter l'alcool qui aggrave la déshydratation, et limiter les boissons très sucrées ou caféinées.
  • Adapter son traitement avec un professionnel de santé : avant l'été, faire le point avec son médecin ou pharmacien sur les médicaments à risque. Certaines posologies peuvent nécessiter un ajustement temporaire.
  • Surveiller les signes d'alerte : noter la couleur et la fréquence des urines, peser régulièrement, rester attentif aux vertiges ou à la fatigue inhabituelle.
  • Rafraîchir son logement : fermer volets et fenêtres aux heures chaudes, utiliser un ventilateur (sauf au-delà de 32°C en direct sur la peau), s'humidifier le visage et les avant-bras plusieurs fois par jour.
  • Passer quelques heures dans un lieu climatisé (centre commercial, bibliothèque, cinéma) lors des pics de chaleur.

Pour les personnes âgées ou isolées, l'inscription au registre du CCAS (Centre communal d'action sociale) permet d'être contacté et soutenu en cas de canicule.

Points de vigilance et nuances

Toutes les situations de maladies chroniques ne sont pas identiques. Les patients souffrant d'insuffisance cardiaque, par exemple, peuvent avoir des restrictions hydriques spécifiques : boire trop pourrait aggraver leur état. De même, certaines personnes âgées présentant des troubles de la déglutition risquent des fausses routes avec l'eau ordinaire. Dans ces cas, le médecin traitant peut orienter vers des solutions adaptées (eau gélifiée, poudres épaississantes).

Par ailleurs, le paracétamol, souvent utilisé pour soulager les maux de tête, est inefficace contre les coups de chaleur et peut aggraver une atteinte hépatique en cas de déshydratation. L'ANSM conseille de ne prendre aucun médicament sans avis médical pendant les vagues de chaleur, même en vente libre.

Enfin, attention à la conservation des médicaments eux-mêmes : certains traitements (insuline, vaccins, bandelettes de glycémie) voient leur efficacité altérée par la chaleur. Il faut vérifier les conditions de conservation indiquées sur la boîte et utiliser un sac isotherme si nécessaire.

Ce qu'il faut retenir : les personnes vivant avec une maladie chronique doivent anticiper les vagues de chaleur en faisant le point avec leur médecin sur leurs traitements, en buvant régulièrement sans attendre la soif, et en restant vigilantes aux signes d'alerte de déshydratation. En cas de doute ou de symptômes inquiétants, il ne faut jamais hésiter à contacter un professionnel de santé ou, en urgence, le 15. La prévention reste la meilleure stratégie face à un risque bien réel mais évitable.

Sources utilisées

⚠️ Cet article a une vocation d'information générale et ne remplace en aucun cas l'avis personnalisé d'un professionnel de santé. En cas de maladie chronique, tout ajustement de traitement doit être discuté avec votre médecin traitant. En cas de symptômes de déshydratation sévère (troubles de conscience, impossibilité de boire, absence d'urines), appelez immédiatement le 15 ou le 112.

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