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Santé publique

Hydratation en été : besoins des patients chroniques

Déshydratation et maladies chroniques : repères pratiques pour l'été

Source : Acturiaz (recherche éditoriale)· 2 juin 2026· 5 min de lectureRédigé par IA · superviséRecommandation officielle

Les épisodes de fortes chaleurs exposent les personnes atteintes de maladies chroniques à un risque élevé de déshydratation. Entre diminution de la sensation de soif liée à l'âge, interactions médicamenteuses et mécanismes physiologiques altérés, ces patients cumulent plusieurs facteurs de vulnérabilité. L'ANSM et Santé publique France actualisent chaque année leurs recommandations pour accompagner patients et aidants.

Hydratation en été : besoins des patients chroniques
Photo : Acturiaz (recherche éditoriale)

Contexte et enjeux

Santé publique France active sa veille saisonnière chaque année à compter du 1er juin, dans le cadre du Plan national canicule. Les épisodes de forte chaleur ou de canicule ont un impact sanitaire majeur, affectant particulièrement les personnes âgées, dépendantes, les enfants et les personnes surexposées à la chaleur. Les pathologies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque, insuffisance rénale, hypertension artérielle) augmentent significativement ce risque.

Les seniors atteints de maladies chroniques comme le diabète, des problèmes cardiaques ou une insuffisance rénale, ainsi que ceux qui prennent des médicaments diurétiques, risquent de se déshydrater bien plus facilement. La combinaison pathologie chronique + traitement médicamenteux + forte chaleur constitue un terrain à surveiller de près.

Quels sont les besoins réels en hydratation pour un patient chronique ?

Pour éviter la déshydratation, il est conseillé de boire régulièrement sans attendre d'avoir soif, avec un minimum de 1,5 à 2 litres d'eau quotidiennement pour maintenir une élimination urinaire normale. Mais cette recommandation générale doit être individualisée.

Si vous avez un problème de santé, demandez à votre médecin traitant quelle quantité vous devez boire au quotidien. En effet, certaines pathologies imposent une restriction hydrique (insuffisance cardiaque sévère, insuffisance rénale dialysée), tandis que d'autres nécessitent au contraire des apports accrus. Par exemple, il faut consommer 0,5 litre d'eau supplémentaire par jour si la température corporelle passe de 37 à 38 °C.

Les besoins en eau de la personne âgée sont supérieurs à ceux de l'adulte et s'élèvent à 1,7 litre par jour après 65 ans. Les besoins varient selon l'état de santé, mais viser environ 1,5 à 2 litres de liquides par jour est un repère courant, à adapter selon les pathologies (insuffisance cardiaque, rénale) et en privilégiant prises fréquentes et aliments riches en eau.

Ce que ça change pour les patients

Lorsqu'on vit avec une maladie chronique, trois précautions deviennent essentielles en période de chaleur :

  • Faire un point médicamenteux. Les épisodes de forte chaleur nécessitent une attention particulière sur le bon usage des médicaments. L'ANSM rappelle les bons réflexes dans le cadre du plan national Canicule. Certains traitements réclament une vigilance accrue, notamment les diurétiques (furosémide, thiazidiques), les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou les médicaments susceptibles d'altérer la fonction rénale.
  • Repérer les signes précoces. Crampes, fatigue inhabituelle, nausées, vomissements, maux de tête sont des signes d'alerte à reconnaître. Les premiers signes incluent fatigue inhabituelle, confusion ou somnolence, peau sèche avec perte d'élasticité, urines rares et foncées, maux de tête et vertiges. L'absence de soif n'exclut pas la déshydratation, surtout chez les seniors.
  • Adapter les horaires d'activité. Ne pas faire d'efforts physiques intenses (sport, jardinage, bricolage). Rester au frais, fermer volets et fenêtres la journée, aérer la nuit.

L'arrêt du traitement n'est pas systématique. Seul le médecin traitant ou spécialiste peut juger du besoin d'adapter ou interrompre les prises. L'ANSM demande aussi aux patients de ne pas prendre de comprimés sans avis d'un professionnel et d'éviter les anti-inflammatoires non-stéroïdiens et le paracétamol en cas de symptômes liés à la chaleur.

Points de vigilance et nuances

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l'ibuprofène peuvent aggraver la situation en altérant le fonctionnement rénal, déjà mis à mal par la déshydratation. Certains médicaments peuvent aggraver la déshydratation ou perturber la thermorégulation.

La personne âgée est particulièrement vulnérable en raison d'une altération de la capacité à percevoir la soif, d'un risque d'altération du métabolisme hydrosodé et de la fonction rénale, et d'une diminution des capacités de thermorégulation. L'existence d'une dépendance est un facteur de risque majeur.

Chez les seniors, une intervention précoce sur l'hydratation réduit notablement le risque d'hospitalisation et de déclin fonctionnel. En cas de malaise ou d'urgence, appelez le 15 (Samu), le 18 (Pompiers) ou le 112 (numéro d'urgence unique européen).

À retenir : L'hydratation des patients chroniques en été ne se résume pas à boire davantage. Elle exige un ajustement personnalisé en concertation avec le médecin traitant, une surveillance des signes d'alerte et parfois une adaptation temporaire du traitement. Le réflexe vital : anticiper la soif, fractionner les prises, ne jamais arrêter un traitement sans avis médical, et contacter un professionnel dès les premiers symptômes inhabituels.

Sources utilisées

⚠️ Cet article d'information ne se substitue pas à une consultation médicale. En cas de maladie chronique, les besoins hydriques doivent être définis avec votre médecin traitant. En cas de symptômes de déshydratation (vertiges, confusion, urines foncées, soif intense), contactez rapidement un professionnel de santé ou composez le 15 en urgence.

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