Canicule : 5 réflexes vitaux pour les patients chroniques
Cardiaques, diabétiques, insuffisants rénaux : comment se protéger en période de fortes chaleurs
L'été 2025 s'est classé comme le troisième été le plus chaud depuis 1900, avec plus de 5 700 décès attribuables à la chaleur entre juin et septembre. Les personnes atteintes de maladies chroniques figurent en première ligne : leur organisme peine davantage à réguler sa température, et certains médicaments compliquent cette adaptation.
Contexte et enjeux
Les vagues de chaleur, de plus en plus fréquentes, constituent un défi majeur de santé publique en France. Plus de 5 700 décès sont attribuables à une exposition de la population à la chaleur sur l'ensemble de la période de surveillance de l'été du 1er juin au 15 septembre 2025, selon les données de l'Assurance Maladie. Environ 75 % de ces décès sont survenus chez des personnes âgées de 75 ans et plus.
Ces épisodes de canicule peuvent être particulièrement dangereux pour la santé des personnes les plus vulnérables : les personnes âgées, les enfants en bas âge, les femmes enceintes, les personnes en situation de handicap, celles souffrant de maladies chroniques ou prenant certains médicaments, ainsi que les personnes précaires.
Le corps peine davantage à réguler sa température interne, ce qui sollicite fortement le système cardiovasculaire et les reins. L'OMS rappelle également que les fortes chaleurs aggravent plusieurs pathologies chroniques, notamment les troubles cardiovasculaires, respiratoires mais aussi certains troubles mentaux.
Pourquoi les pathologies chroniques rendent-elles plus vulnérable à la chaleur ?
Les personnes atteintes de maladies chroniques, en particulier en cas de pathologies cardiovasculaires, rénales, urinaires, respiratoires, neurodégénératives, endocriniennes et/ou mentales, sont plus fragiles.
Pour les cardiaques, le cœur est davantage sollicité pour assurer la thermorégulation, ce qui peut entraîner des décompensations cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux ou des infarctus du myocarde. Sous l'effet de la chaleur, le rythme cardiaque peut avoir tendance à s'accélérer pour compenser l'augmentation du débit sanguin cutané qui se produit du fait que les vaisseaux cutanés se dilatent.
Chez les diabétiques, le diabète diminue la thermorégulation et la transpiration. L'augmentation de la glycémie associée à une déshydratation peut entraîner un coma engageant le pronostic vital chez les personnes atteintes de diabète de type 2.
Les insuffisants rénaux sont doublement exposés : la déshydratation peut conduire à une insuffisance rénale aiguë, en particulier chez les personnes ayant déjà une fonction rénale altérée. Les personnes en insuffisance rénale chronique sont souvent hypertendues et traitées majoritairement par des diurétiques qui peuvent accélérer une déshydratation.
De plus, certains médicaments peuvent aggraver les effets de la chaleur ou gêner l'adaptation de l'organisme. Des médicaments peuvent majorer les effets de la chaleur, empêcher le corps de s'y adapter ou aggraver la déshydratation. Parmi eux, les diurétiques sont les plus connus, mais de nombreux psychotropes et médicaments anticholinergiques ou les bêtabloquants comportent des risques.
Ce que ça change pour les patients : les 5 réflexes à adopter
Santé publique France et l'Assurance Maladie recommandent aux personnes atteintes de pathologies chroniques d'adopter ces cinq réflexes dès les premières chaleurs :
- Hydratez-vous sans attendre la soif : Buvez régulièrement (sans attendre d'avoir soif), de préférence des eaux moyennement minéralisées, 1,5 litres d'eau pour les personnes âgées. Attention toutefois : pour les personnes atteintes d'insuffisance rénale sous dialyse, boire trop d'eau peut être lourd de conséquences : œdèmes, hypertension artérielle, insuffisance cardiaque. Dans ce cas, il faut adapter l'hydratation avec son médecin.
- Ne modifiez jamais vos médicaments sans avis médical : En toute situation, ne pas hésiter à demander conseil à son médecin traitant, tout particulièrement en cas de problème de santé ou de traitement médicamenteux régulier (adaptation de doses par exemple). Faire le point avec le médecin afin de connaître ces risques et les moyens de les limiter peut être utile.
- Surveillez vos symptômes spécifiques : Pour les diabétiques, il est recommandé à toutes les personnes diabétiques (type 1 et 2) de faire davantage de contrôles glycémiques durant les périodes de canicule pour pouvoir adapter le traitement et l'alimentation le cas échéant. Pour les insuffisants cardiaques, pesez-vous tous les jours ; une prise rapide de poids (> 2 kg/3 jours) ou un essoufflement doivent alerter.
- Maintenez votre logement frais : Maintenez votre logement frais (fermez fenêtres et volets la journée, ouvrez-les le soir et la nuit s'il fait plus frais). Si ce n'est pas possible, passez plusieurs heures par jour dans un lieu climatisé (bibliothèque, centre commercial, cinéma).
- Organisez un réseau de vigilance : Prenez régulièrement des nouvelles de vos proches, notamment les plus fragiles ; organisez-vous avec votre entourage (famille, amis ou voisins) pour rester vigilant sur l'état des personnes les plus vulnérables autour de vous. Les personnes âgées, isolées ou handicapées peuvent se faire connaître auprès de leur mairie pour figurer sur leur registre afin que des équipes d'aide et de secours puissent leur venir en aide.
Points de vigilance et situations d'urgence
Coup de chaud, déshydratation, crampes, maux de tête, vertiges… la chaleur peut être dangereuse pour tous avec des impacts rapides sur la santé. Les risques sur votre santé peuvent survenir dès les premiers jours de chaleur. La chaleur a un effet immédiat sur l'organisme, dès les premières augmentations de température.
Certains signes doivent alerter immédiatement et conduire à appeler le 15 : douleur thoracique, essoufflement inhabituel, palpitations, malaise ou syncope, confusion, fièvre élevée, crampes qui persistent malgré l'hydratation.
Évitez de sortir aux heures les plus chaudes (de 11 h à 21 h en cas de canicule). Évitez les boissons à forte teneur en caféine type café, thé ou très sucrées comme les sodas ; mangez suffisamment, en fractionné au cours de la journée si besoin.
Ce qu'il faut retenir : Les personnes atteintes de pathologies chroniques doivent redoubler de vigilance dès les premières chaleurs. Une hydratation adaptée, un suivi renforcé de vos paramètres cliniques (glycémie, poids, tension) et une coordination avec votre médecin traitant sont essentiels. En cas de doute ou de symptômes inhabituels, n'attendez pas : contactez un professionnel de santé. La plateforme téléphonique Canicule info service est joignable au 0 800 06 66 66, du lundi au dimanche de 9 h à 19 h (appel gratuit).
Sources utilisées
- [1]Canicule et fortes chaleurs : définition et conséquences sur la santé· Ameli - Assurance Maladie
- [2]Fortes chaleurs : les bons gestes pour vous protéger et protéger vos proches· Ministère du Travail et des Solidarités
- [3]Vagues de chaleur : le gouvernement se mobilise pour protéger la population· Santé publique France
- [4]Fortes chaleurs - Attention aux plus fragiles· UFC-Que Choisir
⚠️ Cet article présente des recommandations générales de prévention issues des autorités sanitaires françaises. Il ne remplace en aucun cas une consultation médicale personnalisée. Si vous êtes atteint d'une pathologie chronique (cardiaque, rénale, diabète), consultez impérativement votre médecin traitant avant l'été pour adapter votre traitement et définir votre stratégie individuelle face à la chaleur. En cas de symptômes inhabituels (malaise, confusion, douleur thoracique, essoufflement), appelez le 15 sans délai.
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