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Maladies chroniques

Activité physique adaptée : qui y a droit en France ?

Un dispositif méconnu pour les patients chroniques et les personnes en perte d'autonomie

Source : Acturiaz (recherche éditoriale)· 30 août 2026· 5 min de lectureRédigé par IA · superviséRecommandation officielle

Considérée par la Haute Autorité de Santé comme une « thérapeutique à part entière », l'activité physique adaptée peut être prescrite sur ordonnance depuis 2016. Élargi en 2022 aux personnes en perte d'autonomie et aux malades chroniques hors ALD, ce dispositif reste pourtant peu connu et financièrement inaccessible pour beaucoup.

Activité physique adaptée : qui y a droit en France ?
Photo : Acturiaz (recherche éditoriale)

Contexte et enjeux

L'inactivité physique et la sédentarité sont des facteurs de risque de nombreuses maladies chroniques telles que les maladies cardiovasculaires, certains cancers, l'obésité, l'ostéoporose ou le diabète de type 2. Face à ce constat, la France a initié un programme national de promotion de l'activité physique sur ordonnance par les lois du 26 janvier 2016 et du 2 mars 2022.

Selon l'OMS, un large pourcentage des maladies chroniques est accessible à la prévention par des actions sur quatre facteurs de risque principaux : consommation de tabac, inactivité physique, consommation d'alcool et mauvaise alimentation. En France, les estimations actuelles des coûts directs et indirects de l'inactivité physique sont de l'ordre de 1,3 milliard d'euros.

La dispensation d'une activité physique adaptée a pour but de permettre à une personne d'adopter un mode de vie physiquement actif sur une base régulière afin de réduire les facteurs de risque et les limitations fonctionnelles liés à l'affection de longue durée dont elle est atteinte. Les techniques mobilisées relèvent d'activités physiques et sportives et se distinguent des actes de rééducation qui sont réservés aux professionnels de santé.

Qui peut bénéficier d'une prescription d'APA ?

Peuvent bénéficier d'une prescription médicale pour pratiquer une activité physique adaptée : les personnes atteintes d'une affection de longue durée (ALD) figurant sur la liste des ALD 30, ou les personnes atteintes d'une maladie chronique présentant des facteurs de risque, ou les personnes en situation de perte d'autonomie.

Concrètement, les personnes éligibles incluent notamment celles souffrant de diabète, de maladies cardiovasculaires, de cancers, de pathologies neurologiques (Parkinson, Alzheimer, sclérose en plaques), d'obésité, d'hypertension artérielle, ou encore les personnes âgées en perte d'autonomie.

L'article 1er bis de la loi de 2022 a élargi la prescription de l'APA au-delà des patients atteints d'affections de longue durée, aux patients atteints de maladies chroniques ou présentant des facteurs de risques, ainsi qu'aux personnes avançant en âge, en perte d'autonomie.

Ce que ça change pour les patients

Le médecin généraliste ou spécialiste établit la prescription initiale d'activité physique adaptée, notamment le type d'activité, sa durée, sa fréquence, son intensité sur un formulaire spécifique. Voici les étapes concrètes :

  • Consultation médicale : Votre médecin traitant évalue votre état de santé et vos capacités physiques avant d'établir une prescription sur un formulaire officiel.
  • Orientation vers un professionnel qualifié : Les professionnels habilités incluent les titulaires d'un diplôme STAPS « activité physique adaptée et santé », les éducateurs sportifs, les masseurs-kinésithérapeutes, ergothérapeutes et psychomotriciens.
  • Programme personnalisé : L'APA est prescrite sous forme de programmes structurés et limités dans le temps d'exercices physiques dispensés par un professionnel. La durée de prescription est généralement de 3 à 6 mois renouvelable.
  • Suivi et renouvellement : Le renouvellement ou l'adaptation de la prescription initiale peut être effectué par le masseur-kinésithérapeute une fois. Les infirmiers en pratique avancée sont également autorisés à prescrire des programmes d'APA depuis avril 2025.

Pour trouver un professionnel près de chez vous, vous pouvez vous renseigner auprès des Maisons Sport-Santé, de votre Agence Régionale de Santé (ARS), de votre mairie, ou d'associations locales.

Points de vigilance et limites du dispositif

Le principal obstacle : l'absence de remboursement. L'Assurance maladie ne rembourse pas les séances de sport sur ordonnance. Toutefois, les structures qui l'organisent bénéficient en règle générale de fonds publics et proposent une pratique à moindre coût. Des prises en charge partielles ou totales sont possibles par certaines collectivités territoriales avec l'appui des ARS, des conseils départementaux ou des communes.

Cette situation crée des inégalités territoriales importantes : selon votre lieu de résidence, vous pourrez ou non bénéficier d'une aide financière. Certaines mutuelles proposent également des forfaits de remboursement, mais de manière très variable.

Des expérimentations menées en 2026 cherchent à faire évoluer ce verrou. Pour la première fois, une partie de la dépense liée à l'APA pourrait entrer dans le champ du remboursement par l'Assurance maladie, du moins à titre expérimental. Ces évolutions sont à suivre de près.

À retenir : L'activité physique adaptée ne remplace pas les traitements médicamenteux prescrits, mais les complète. Elle nécessite un suivi médical régulier et doit être adaptée à l'évolution de votre état de santé. Si vous envisagez de débuter une APA, parlez-en avec votre médecin traitant qui évaluera avec vous la pertinence et les modalités de ce dispositif dans votre parcours de soins.

Sources utilisées

⚠️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas un avis médical professionnel. Consultez toujours votre médecin traitant avant de débuter toute activité physique adaptée. Les informations relatives au remboursement peuvent varier selon votre situation personnelle et votre lieu de résidence.

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