Sclérose en plaques : les traitements de fond reconnus en 2026
Entre immunomodulateurs et immunosuppresseurs, l'arsenal thérapeutique s'adapte à chaque patient
Près de 123 000 personnes vivent avec une sclérose en plaques en France. Les traitements de fond visent à réduire la fréquence des poussées et à freiner l'accumulation du handicap. La Haute Autorité de Santé et l'ANSM encadrent leur usage. Voici où en est la prise en charge en 2026.
Contexte et enjeux
La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune qui touche le système nerveux central. Le système immunitaire attaque la myéline, gaine protectrice des fibres nerveuses, provoquant inflammation et lésions. La forme la plus fréquente est dite rémittente-récurrente, caractérisée par des poussées suivies de rémissions.
En France, 4 000 à 6 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, et la SEP est la première cause de handicap sévère non traumatique chez les jeunes adultes. Parmi les 123 000 Français pris en charge en 2021, 72 % sont des femmes.
À ce jour, aucun traitement ne guérit la sclérose en plaques, mais un traitement de fond prévient les récidives des poussées dans les formes récurrentes-rémittentes. Ce traitement a pour but de réduire la fréquence des poussées, de diminuer les séquelles et donc de ralentir la progression du handicap.
Quels médicaments sont autorisés en France ?
La Haute Autorité de Santé distingue deux grandes familles de traitements de fond, selon l'intensité de la maladie et la réponse aux thérapies antérieures.
Les immunomodulateurs en première ligne
Ces médicaments sont prescrits lorsque la maladie est peu active, sans facteurs de mauvais pronostic. Ils modulent l'activité du système immunitaire sans le bloquer complètement. Les principaux immunomodulateurs reconnus sont les interférons bêta (administrés par injection sous-cutanée ou intramusculaire) et l'acétate de glatiramère (injection quotidienne sous-cutanée). Le diméthyl fumarate (Tecfidera) est également utilisé par voie orale.
Ces traitements sont mieux tolérés que les immunosuppresseurs, mais leur efficacité est modérée. Ils nécessitent une surveillance régulière.
Les immunosuppresseurs de deuxième intention
Quatre immunosuppresseurs peuvent être utilisés en France dans les formes très actives de sclérose en plaques récurrente : le natalizumab (Tysabri), le fingolimod (Gilenya), l'ocrelizumab (Ocrevus) et la mitoxantrone (Elsep, Novantrone et génériques).
Ces spécialités font toutes l'objet d'un plan de gestion des risques. Le choix entre ces quatre médicaments s'effectue en concertation avec un centre de ressources et de compétences, en tenant compte des données cliniques et d'imagerie, du profil de tolérance et des préférences du patient.
L'alemtuzumab (Lemtrada) peut être utilisé en deuxième ou troisième ligne des formes très actives, mais son usage est restreint en raison d'événements indésirables graves.
Ce que ça change pour les patients
La reconnaissance de ces traitements par les autorités françaises a plusieurs conséquences concrètes :
- Prise en charge à 100 % : la sclérose en plaques est inscrite au titre des affections de longue durée (ALD n° 25), ce qui permet un remboursement intégral des soins liés à la maladie.
- Prescription encadrée : ces médicaments sont prescrits uniquement par des neurologues, souvent dans le cadre d'un centre de ressources et de compétences SEP. Les immunosuppresseurs nécessitent une ordonnance dite « de médicaments d'exception ».
- Surveillance renforcée : des consultations neurologiques tous les six mois, une IRM annuelle et un bilan biologique régulier sont recommandés pour adapter le traitement si nécessaire.
- Approche personnalisée : le choix du traitement repose sur l'activité inflammatoire de la maladie (nombre et gravité des poussées, lésions à l'IRM), les antécédents médicaux, les projets de vie (notamment une éventuelle grossesse) et les préférences du patient.
- Escalade thérapeutique : en cas d'échec d'un traitement de première ligne ou si la maladie est d'emblée très active, un immunosuppresseur plus puissant peut être proposé rapidement.
La Haute Autorité de Santé rappelle qu'au-delà des médicaments, la prise en charge globale doit associer rééducation, activité physique adaptée, soutien psychologique et éducation thérapeutique.
Points de vigilance et limites actuelles
Malgré les progrès, plusieurs zones d'ombre persistent. Les données d'efficacité et de tolérance à long terme de ces immunosuppresseurs sont encore limitées. Leur efficacité sur la prévention du handicap à long terme reste à établir. Les formes progressives de la maladie demeurent difficiles à soigner.
Tous ces traitements exposent à des effets indésirables parfois graves : infections, troubles cardiaques, réactions allergiques, risques de cancers. Un bilan pré-thérapeutique complet et une surveillance biologique régulière sont indispensables.
Les traitements actuels ciblent l'inflammation mais ne favorisent pas la réparation de la myéline. La recherche explore aujourd'hui des thérapies remyélinisantes et neuroprotectrices, encore au stade expérimental.
Enfin, un changement de traitement doit toujours être discuté avec le neurologue référent. Ne jamais arrêter ou modifier un traitement de fond sans avis médical, au risque de voir réapparaître l'activité inflammatoire.
À retenir : la sclérose en plaques ne se guérit pas encore, mais les traitements de fond reconnus en France permettent de mieux contrôler l'évolution de la maladie. La stratégie thérapeutique est désormais personnalisée, avec un suivi régulier en milieu spécialisé. Chaque patient doit bénéficier d'une prise en charge globale associant médicaments et accompagnement pluridisciplinaire.
Sources utilisées
- [1]Médicaments utilisés dans les formes très actives de sclérose en plaques récurrente· Haute Autorité de Santé
- [2]Traitement de la sclérose en plaques· Assurance Maladie
- [3]Sclérose en plaques : de nouveaux éléments pour comprendre le retournement contre soi du système immunitaire· Inserm
- [4]Traitement de la sclérose en plaques pendant la grossesse· ANSM
⚠️ Cet article a une visée informative et ne remplace pas une consultation médicale. Les traitements de fond de la sclérose en plaques nécessitent une prescription et un suivi spécialisé par un neurologue. Ne jamais modifier ou arrêter un traitement sans avis médical. En cas de questions sur votre prise en charge, consultez votre équipe soignante.
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