Thérapéo
← Retour à l'accueil
Maladies chroniques

Hydratation en été : enjeux vitaux pour les malades chroniques

Déshydratation, médicaments et chaleur : ce que les patients doivent savoir

Source : Acturiaz (recherche éditoriale)· 27 juillet 2026· 5 min de lectureRédigé par IA · superviséRecommandation officielle

Près d'un senior sur cinq en EHPAD présente une déshydratation chronique ou subclinique, selon Santé publique France. Les personnes vivant avec une maladie chronique sont particulièrement exposées aux complications liées à la chaleur, d'autant que certains traitements augmentent ce risque. Décryptage des besoins réels et des signes à ne pas négliger.

Hydratation en été : enjeux vitaux pour les malades chroniques
Photo : Acturiaz (recherche éditoriale)

Contexte et enjeux

Chaque été, les établissements de santé enregistrent une augmentation notable des recours aux soins d'urgence liés à la chaleur. Selon Santé publique France, près d'un résident sur cinq en EHPAD présente une déshydratation chronique ou subclinique, un chiffre qui souligne la gravité du problème.

Pour les personnes vivant avec une maladie chronique, la déshydratation représente un danger amplifié. Le diabète, l'insuffisance cardiaque, la maladie de Parkinson ou encore les troubles cognitifs (Alzheimer, démence) peuvent soit favoriser les pertes hydriques, soit altérer la perception des besoins en eau. La déshydratation touchant un nourrisson, une personne âgée ou présentant une maladie chronique constitue une urgence.

L'enjeu est d'autant plus important que les personnes âgées ne ressentent pas forcément la soif, rendant la prévention active indispensable.

Pourquoi certains patients sont-ils plus vulnérables à la déshydratation ?

La vulnérabilité des personnes atteintes de maladies chroniques s'explique par plusieurs mécanismes cumulatifs. Le diabète mal contrôlé peut augmenter les risques de déshydratation. En cas d'hyperglycémie, le glucose s'accumule dans le sang et entraîne une augmentation de la fréquence et de la quantité des urines, favorisant les pertes en eau.

La fonction rénale décline avec l'âge et les reins retiennent de moins en moins bien les liquides, un phénomène progressif à partir de 50 ans qui s'accentue chez les personnes âgées de 70 ans et plus. Pour les patients déjà atteints d'insuffisance rénale chronique, cette fragilité est encore renforcée.

Autre facteur de risque majeur : la polymédication. L'ANSM rappelle que certains médicaments peuvent favoriser la déshydratation, perturber la régulation de la température corporelle ou entraîner une sensibilité accrue au soleil. Les diurétiques, certains psychotropes et anticholinergiques favorisent la perte de liquides ou la sécheresse.

Certains médicaments sont susceptibles d'aggraver un syndrome d'épuisement-déshydratation ou un coup de chaleur. Parmi eux figurent les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, aspirine), certains antidiabétiques (gliptines, metformine), les antihypertenseurs ou encore les laxatifs.

Ce que ça change pour les patients

Face à ces risques accrus, les patients chroniques doivent adapter leur comportement en période de fortes chaleurs. Voici les points-clés à retenir :

  • Boire régulièrement sans attendre la soif : le ministère de la Santé rappelle de boire régulièrement de l'eau, sans attendre d'avoir soif. Pour les personnes âgées ou atteintes de certaines pathologies, viser environ 1,5 à 2 litres de liquides par jour reste un repère courant, à adapter selon les pathologies (insuffisance cardiaque, rénale).
  • Surveiller les signes d'alerte : fatigue inhabituelle, confusion et troubles cognitifs, peau sèche et perte d'élasticité, urines rares et foncées doivent alerter. Modification du comportement habituel, grande faiblesse, maux de tête, étourdissements, vertiges, nausées, vomissements, crampes musculaires, température corporelle élevée (supérieure à 38,5°C) sont autant de symptômes à prendre au sérieux.
  • Ne jamais interrompre son traitement sans avis médical : il ne faut jamais interrompre ou modifier un traitement sans avis médical. En cas de doute sur l'interaction entre médicaments et chaleur, consulter son médecin traitant ou son pharmacien.
  • Adapter son environnement : maintenir son logement au frais, limiter les activités physiques aux heures les plus fraîches, porter des vêtements légers.
  • Solliciter un entourage vigilant : les proches des personnes âgées ou vulnérables doivent redoubler d'attention et proposer régulièrement à boire.

Points de vigilance et nuances

Si l'hydratation est essentielle, elle doit être adaptée à chaque situation médicale. Pour les patients atteints de maladie rénale chronique, l'apport hydrique permet d'éviter la surcharge en eau (œdèmes) mais aussi le manque (déshydratation), et est en général de 1,5 litre par jour. Les personnes souffrant d'insuffisance cardiaque peuvent avoir des restrictions hydriques spécifiques : il est donc indispensable de suivre les recommandations de son néphrologue ou cardiologue.

La déshydratation survient lors de transpiration excessive liée à une canicule, à des efforts sportifs ou professionnels prolongés, lors d'une exposition au soleil prolongée, lors d'un épisode de fièvre, ou lorsque l'apport en eau et sels minéraux ne compense pas les pertes.

La déshydratation correspond à une diminution du poids supérieure à 5 % du poids total de la personne. Lorsque cette perte de poids est supérieure à 10 %, le bon fonctionnement des organes vitaux peut être compromis. À ce stade, l'hospitalisation devient nécessaire.

En cas de signes graves — confusion importante, perte de connaissance, convulsions, température supérieure à 40°C — il s'agit d'une urgence médicale absolue. Appeler le 15 (SAMU) ou le 18 (pompiers) sans délai.

Ce qu'il faut retenir : les personnes atteintes de maladies chroniques doivent anticiper les épisodes de fortes chaleurs en maintenant une hydratation régulière, en surveillant les signes d'alerte et en ne modifiant jamais leur traitement sans avis médical. Un dialogue avec son médecin traitant avant l'été permet d'établir un plan personnalisé. La prévention reste la meilleure arme contre la déshydratation, évitant des hospitalisations parfois évitables.

Sources utilisées

⚠️ Cet article ne remplace pas une consultation médicale. En cas de doute sur votre hydratation, vos symptômes ou l'adaptation de votre traitement en période de chaleur, consultez votre médecin traitant, votre pharmacien ou appelez le 15 en cas d'urgence. Les recommandations d'apport hydrique doivent être personnalisées, notamment en cas d'insuffisance cardiaque ou rénale.

Partager

Commentaires (0)

Connectez-vous pour rejoindre la discussion.

Chargement…

À lire aussi